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Nantes, Saint-Nazaire, le 8 juillet 2007
Objet : Estuaire_2007 (le paysage, l’art et le fleuve)


À quoi sert l’art ? Parfois, peut-être simplement à nous mettre en mouvement… Sans le prétexte du projet “Estuaire_2007”, cette première édition d’une biennale d’art contemporain à l’échelle de l’estuaire de la Loire, lancé par Jean Blaise et l’équipe du Lieu Unique, nous n’aurions certainement pas entrepris, en ce week-end de juillet, le voyage vers Nantes.
Nous voilà donc, munis du “Pass-Estuaire”, prêts à embarquer pour une croisière de deux heures et demie entre l’île de Nantes et le port de Saint-Nazaire, de cheminée en tour, de silo en grue, et de balise en clocher… Nous esquivons le (lourd) appareil technico-didactique – casques individuels, batterie de téléviseurs… – proposé aux passagers, préférant ouvrir nos yeux au ciel, nos oreilles aux cris des mouettes, notre nez au vent et notre peau aux embruns… Ça décoiffe d’autant plus que notre pilote n’a pas précisément l’âme à musarder devant les œuvres installées tout au long de l’estuaire… Du coup, l’art reste finalement le compagnon assez discret de cette spectaculaire traversée : le paysage et le fleuve ont pris l’avantage.
Nous referons donc la visite par la route… Le menu est copieux! Plusieurs dizaines de d’expositions et de propositions artistiques pour alimenter une longue dérive urbaine, à Nantes, Saint-Nazaire et le long de cet estuaire qui relie les deux villes – comptez trois jours, si vous voulez tout voir. Mais il nous semble comprendre et partager ce désir de prendre à bras-le-corps la complexité d’un territoire. Alors pour nous, la rencontre entre le paysage, l’art et le fleuve, a lieu ; ici et maintenant. D’autant plus que projet urbain de “l’île de Nantes” s’expose en chantier et en vraie grandeur, brandissant haut et fort l’étendard de la modernité sans renier les traces du passé. Alexandre Chemetoff, qui en est le maître d’œuvre, annonce sa volonté de ”cultiver l’héritage industriel, non par nostalgie, mais par souci du futur.” Point d’appui de la manifestation “Estuaire_2007”, qui en retour lui sert de caisse de résonance, ce formidable remue-ménage nous renvoie à d’autres villes et à d’autres moments : Barcelone et les jeux olympiques, Bilbao et le Guggenheim, etc. Moments exceptionnels, excitants. Mutations. Concentrés d’énergie, à rêve ouvert…
À quoi sert l’art? Parfois, peut-être simplement à nous mettre en mouvement…
Marie B.

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